Le déclic
Un mardi matin de 2019. Copier-coller des quantités d'un PDF vers Excel. Pour la millième fois. "Il doit y avoir un meilleur moyen." C'est cette pensée, banale et lancinante, qui a tout fait basculer. Quinze ans de chantiers, de métrés, de DPGF, de réunions de chantier, de tours de table avec des maîtres d'ouvrage pressés. Et ce sentiment récurrent : les outils qu'on utilise ne sont pas faits pour nous.
Ce meilleur moyen, j'ai mis 5 ans à le construire. Parce que les gens qui savent coder ne savent pas ce qu'est un métré. Et inversement, la plupart des économistes de la construction sont bloqués à Excel. Les deux compétences ne se rencontrent presque jamais. Alors j'ai décidé de devenir les deux. Data Analyste. Développeuse Full Stack. Data Scientist. Architecte IA. Six formations, cinq diplômes reconnus par l'État, des nuits à coder, à tester, à recommencer.
Ce que le terrain m'a appris
Quand je conçois une fonctionnalité dans une application métier, je pars d'un souvenir précis. Ce chantier à Bordeaux où le DPGF avait 800 lignes et où un oubli sur le lot CVC m'avait coûté 3 jours de retour en arrière. Cette réunion avec un maître d'ouvrage qui demandait une version à jour d'un chiffrage qu'on avait fait 6 mois plus tôt. Cet économiste junior qui passait 2 jours sur un métré qu'un senior aurait fait en 4 heures. Je fais les applications que j'aurais voulu avoir pendant ces 20 ans.
C'est ce qui change tout. Quand vous concevez un outil sans connaître le métier, vous produisez un logiciel techniquement correct mais qui passe à côté des vraies douleurs quotidiennes. Quand vous concevez un outil EN connaissant le métier, chaque fonctionnalité résout une frustration réelle. L'adoption est immédiate parce que l'utilisateur se reconnaît dans l'outil.
La double compétence, un avantage décisif
Dans le domaine des applications BTP, la rareté de la double compétence métier + tech explique pourquoi 70% des projets de transformation digitale dans le secteur échouent (CSTB). Les développeurs purs sous-estiment la complexité métier. Les experts métier purs ne savent pas ce qui est techniquement possible. Entre les deux, le cahier des charges perd 40% de sa substance à chaque traduction.
Avec une double compétence, cette traduction n'existe plus. Le développeur-ingénieur comprend directement ce qu'est un décompte général définitif, pourquoi la retenue de garantie est critique, comment une levée de réserves se déroule sur le terrain. Il peut concevoir l'architecture applicative en partant directement de la réalité métier, sans intermédiaire.
Trois leçons que je voudrais transmettre
Leçon 1 : les bons outils existent déjà, mais ailleurs
Pendant 20 ans, j'ai regardé d'autres secteurs (finance, logistique, marketing) utiliser des applications métier brillantes. Le BTP a pris un retard massif parce que personne ne fait le pont. Quand on fait le pont, les gains sont énormes et rapides.
Leçon 2 : le sur-mesure n'est plus un luxe
Avec les méthodes modernes (DDD, Hotwire, low-code augmenté, IA), développer une application sur mesure coûte aujourd'hui une fraction de ce qu'elle coûtait il y a 10 ans. Ce qui prenait 18 mois et 500 000€ se fait maintenant en 4-6 mois pour 50-100 000€.
Leçon 3 : la data est votre avantage caché
Vos 20 ans de projets, de métrés, de prix sont un trésor. Personne d'autre ne les a. Une application métier bien pensée transforme ce patrimoine en avantage concurrentiel durable.
Et maintenant ?
Aujourd'hui avec Agatta, je fais pour d'autres entreprises du BTP, de l'immobilier et de l'ingénierie ce que j'aurais aimé avoir moi-même. Des applications métier qui parlent votre langage, qui respectent vos méthodes, qui libèrent vos équipes des tâches répétitives. Ma mission est simple : faire en sorte qu'aucun ingénieur ne passe plus jamais son mardi matin à copier-coller d'un PDF vers Excel.